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Nuit d’hiver

Par un soir d’hiver glacial, Joseph Esperandieu attend l’autocar qui doit l’emmener de Paris à Prague. L’attente, cet instant propice aux divagations et aux réminiscences, l’emporte inéluctablement sur les chemins d’une enfance tourmentée, lorsqu’avec sa sœur Marjolaine il fut placé chez son oncle Roland, sa tante "Sournoise" -Jacqueline de son prénom, et leur progéniture. Enfance d’humiliation et de fureur, où la bêtise crasse, voire la perversion, le disputent au dénuement et à la solitude, plaçant l’enfant "dans l’obligation de se battre le dos au mur". Un combat incessant au milieu de déchaînements de violence avec pour seuls havres de paix l’école de madame d’Ablancourt, la campagne -"si parlante aux enfants infortunés", le jardin "où même la pluie est belle", les jeux de billes, Titus le manouche -comme lui relégué, lui le "p’tit con" qui s’entrouvre les portes de l’exil par la lecture puis la musique, survolant la terre depuis le dos d’un jars ou emporté par l’Offrande musicale de JS Bach…

Ce pourrait être un roman "d’initiation", tant il est vrai qu’à chaque page, à chaque souvenir exhumé quelque chose se cherche. Non pas du côté de la vérité, trop erratique, plurielle, mouvante, mais bien plutôt celui de l’humanité, dans son sens le plus littéral, le plus singulier. Le titre même du livre en témoigne : Nuit d’hiver est le nom de ce tableau, sis à Prague, vers lequel l’auteur-narrateur tourne inlassablement son regard et son désir. Sur cette toile se cristallisent ce qui fut son histoire et ce qui est son destin, l’œuvre d’art symbolisant l’accomplissement de soi tout autant que l’incessant questionnement sur l’identité et le devenir. L’invention de soi, comme un art de vivre mais surtout comme un combat… Car "les enfants ne se résignent jamais à la réalité".


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